La belle histoire de la Faïencerie de Charolles remonte à 1844, quand Hippolyte Prost, enfant du pays, reprend l’atelier de poterie de son père. Il commence par produire des faïences rustiques et utilitaires, décorées d'œillets stylisés et de personnages. Deux types de bordure les enserrent : les bordures dites « à dent de loup » et les bordures dites « à dent de scie. »

Puis, la production se fait plus raffinée, sous l’influence d’Elisabeth Parmentier, qui, en 1879, crée le « Décor Artistique. » Ce bouquet central, bouquet de roses ou de tulipes, entouré d’un fin « peigné » bleu sur le pourtour, devient l’emblème de la maison. « LE Charolles », comme on allait désormais appeler ce style unique, était né. Et il allait devenir célèbre dans le monde entier !

Au XIXème siècle, des pièces luxueuses sortent des ateliers, dont les services de table « octogonal ou « François II », ainsi que des barbotines, très prisées à l’époque, des pièces désormais exposées dans de nombreux musées en France. Et, notamment dans l’un des fleurons de la ville de Charolles avec lequel la Faïencerie est en lien étroit, son implantation locale étant depuis toujours source de fierté : le Musée du Prieuré.



A la mort d’Hippolyte Prost en 1892, la Faïencerie est acquise par la Famille Molin. La manufacture compte désormais une soixantaine d'ouvriers et fabrique ses couleurs ainsi que son émail. Au XXème siècle, la Faïencerie de Charolles connaît quelques déboires, et même une grave crise en 1935, finalement suivis d’embellies. (j’ai très peu d’infos sur cette période…)

En juillet 1995, la belle histoire se poursuit quand Edith et Benoît Terrier, reprennent la Faïencerie de Charolles, bientôt suivis par leur fils Emmanuel et son épouse. Ils appuient leur réussite sur l’héritage de la Faïencerie : une parfaite symbiose entre matériaux de premier choix et savoir-faire ancestral.

De cette période, date une orientation résolument contemporaine : les lignes sont épurées, les volumes se dilatent et les collections affirment un goût certain pour le luxe. La Faïencerie mène d’ailleurs des collaborations artistiques avec de prestigieuses maisons telles que Ligne Roset, Roche-Bobois ou Baccarat. Des « objets œuvres » sortent des ateliers pour se retrouver dans les pages des magazines de décoration et les intérieurs les plus raffinés.

En 2017, Jean-Luc Farina, Sébastien Maurige et Estelle Farina rachètent la Faïencerie de Charolles, résolument tournée vers la fabrication d'objets de décoration en céramique haut de gamme.

La Faïencerie de Charolles est une grande maison à l’histoire séculaire et à l’esprit singulier, qui, tout en conservant sa production traditionnelle locale, a su imposer sa touche audacieuse dans le monde de la faïencerie contemporaine et du design.